Âme mnésique

Il suffit parfois d’un rien pour qu’un souvenir nous revienne.

Il suffit d’un rien, pour certains d’une simple madeleine.

Il suffit parfois d’un rien pour qu’un souvenir revienne.

D’une simple image, puis d’une conversation autour d’icelle, pour qu’un souvenir revienne.

Et du souvenir, un enchaînement, une compréhension sur un cheminement de pensées.

Il suffit parfois d’un rien pour qu’un souvenir nous revienne et je dois le mien à Ina Draule, avec qui j’ai sympathisé lors de ma participation au Prix de la Nouvelle Érotique (dont on attend toujours les résultats, tu n’as pas raté cet épisode-là).

Il suffit parfois d’un rien pour qu’un souvenir nous revienne, là, c’était une photo qui m’a rappelé un tableau préraphaélite « Ophélia » de John Everett Millais et sur les préraphaélites nous avons alors devisé.

Ophelia de john everett millais

Je lui ai fait part de ma fascination pour ce courant pictural lorsque j’étais enfant, j’avais tout juste dix ans. J’avais affiché « Ophélia » dans ma chambre et, sur le mur le jouxtant, « L’âme de la rose » de John William Waterhouse, ma tête de lit se trouvant encadrée de ces deux oeuvres.

L’âme de la rose de John William Waterhouse

Si la fascination couplée à une forme de sidération peut s’expliquer de manière irréfragable par une forme de curiosité morbide pour « Ophélia », l’obsession pour les mains, la peau et les joues de la femme représentée dans « L’âme de la rose » est plus complexe. Je pouvais la regarder durant des heures, comme hypnotisée. J’étais captivée par les jointures si roses des mains de la femme et de ses joues. Je me disais que si je parvenais à reproduire des mains aussi belles, avec ce rose incroyable…

Mais surtout, tout ce que contenaient ces mains roses : on ressentait, juste en regardant ces mains, le froid matinal du jardin, la rosée, l’émotion de celle qui s’enivre du parfum de la rose et, par extension métaphorique (les préraphaélites ne faisaient pas dans le tableau léger), qui s’enivre de tant d’autres choses : d’interdits (avec ce mur en sus), de sensualité, de désir.

En me remémorant ces affiches collées sur les murs de ma chambre d’enfant et cette fascination pour « L’âme de la rose » avec la rose, le rose de ce corps et la sensation de rosée matinale, il ne me paraît plus si mystérieux que le titre « Les fleurs roses du papier peint » me soit venu en premier, avant même le premier mot d’un contenu, la première idée d’une histoire.

Il suffit parfois d’un rien pour qu’un souvenir nous revienne, et du souvenir et un enchaînement, une compréhension sur un cheminement de pensées. Un rien, l’âme d’une rose, une âme mnésique.

 

 

 

Une réflexion au sujet de « Âme mnésique »

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