La gentillesse aux toilettes

Je comprends par avance que vous puissiez vous interroger sur une possible régression scatologique de votre Vilenie, les lieux d’aisance et toilettes étant redondants dans mes billets en ce moment, n’y voyez rien de Freudien, j’ai passé il y a fort longtemps cette phase du développement psychosexuel de l’enfant.

C’est l’actualité riche de ce dimanche qui me pousse à m’interroger sur l’étonnante concomitance des deux journées mondiales de ce treize novembre : la journée mondiale de la gentillesse et celle, tout aussi planétaire, des toilettes. Vous noterez, qu’étonnamment, si la journée mondiale de la gentillesse s’affiche fièrement sur tous les murs de Facebook, celle des toilettes est bien moins relayée (vous me direz, rien d’anormal, on laisse rarement la porte ouverte sur la cuvette). C’est pourquoi, dans le but avoué de réparer cette injustice éhontée, j’avais décidé de me dévouer, de braver les quolibets, et d’offrir une tribune aux cabinets ! Mais très vite, mon esprit s’est encore évadé en roue libre, et tout en dévalant la pente vétilleuse de mes pensées, il n’a fauché qu’une seule et unique interrogation : quel étrange hasard du calendrier a fait se rencontrer ces deux journées ?

Et puisque j’ai animé l’une de mes héroïnes du seul but de renoncer à la gentillesse, puisque je lui ai fait prêter un muet serment, au dessus des toilettes, justement : « La gentillesse dans un monde d’égoïstes et de brutes, ça ne mène à rien à part finir en paillasson élimé (…) je vais te laisser un temps infini pour te rebeller, je vais te donner toute ma patience, mais en échange tu vas me le jurer : quand tu seras vieille, tu seras méchante », j’y ai vu comme un signe, me suis sentie investie d’une grande mission…

Je me suis donc mise en quête de la réponse à cette question, et avec une forme de professionnalisme journalistique, j’ai compulsé les nombreux articles sur le sujet (enfin… Nombreux pour la journée melliflue, bien plus rares pour celle des latrines) pour tenter de découvrir qui de l’Organisation Mondiale des Toilettes (je n’invente rien, la World Toilet Organization est tout ce qu’il y a de plus sérieuse, vous pouvez envoyer vos dons) ou du Mouvement Mondial pour la Gentillesse (je n’invente rien non plus, je n’aurais pas osé, vous ne m’auriez pas crue) avait taquiné l’autre en décidant d’un jour de célébration. Sans surprise, le Mouvement-Joli-Mignon a l’antériorité sur la date arrêtée, c’est donc la chasse d’eau qui a été tirée en second.

On peut alors légitimement se demander, si de ce choix il faut voir un lien de cause à effet, ou encore un message caché sous la forme de la promesse de Marie-Agnès, de mettre sa gentillesse bien camouflée sous ses fesses pour enfin gagner sa part de liesse « La gentillesse, vous pouvez la mettre aux toilettes ! ».

François Nourissier : A défaut de s’aimer

 

François Nourissier

Ce matin en lisant la presse, comme beaucoup, j’ai appris la disparition de François Nourissier. Il est rare que le décès d’un écrivain, d’un homme de lettres, m’amène à écrire un article sur mon blog sans doute parce que j’estime n’avoir aucune légitimité à le faire, d’autres s’en chargeant bien mieux, avec bien plus de connaissances.

Cependant cette triste nouvelle a immédiatement évoqué en moi le souvenir d’une lecture « A défaut de génie » qui m’a profondément émue.

Dans ce livre autobiographique, courageux, fort, François Nourissier couchait ses mémoires dans le glissement de ses pensées, sans réelle chronologie et surtout sans la moindre complaisance. Il se critiquait durement, remettait en cause ses choix, sa vie, jusqu’à son physique, tout en décrivant avec une profonde tendresse les êtres qui comptaient le plus pour lui.

Je me souviens d’avoir aimé me perdre, d’avoir souhaité qu’il continue de me perdre, dans le labyrinthe de ses souvenirs. Je me souviens des femmes, des portraits touchants qu’il en faisait, des sourires que je sentais s’étirer sur mon visage.

Je me souviens  de sa tristesse transpirant sur le papier et qui me gagnait, qui s’insinuait en moi au fil des pages, d’un homme qui se retourne, regarde sa vie et se déçoit amèrement, n’appelant, dans le box des accusés de ce procès à charge, personne d’autre que lui-même.

Je me souviens de mes larmes retenues, de ma révolte, de ce cri intérieur qui aurait voulu l’atteindre pour qu’il entende qu’un homme capable de se juger aussi durement ne peut être aussi mauvais qu’il le prétend.

Je me souviens de la résonance de ses mots dans tout mon être, face à cette terrible séance d’autoflagellation, face à cet homme qui estimait ne pas mériter l’amour de son entourage, ne se voyant plus que comme un vieillard sénile et malodorant qu’il aurait convenu d’abandonner.

Je me souviens avoir maintes fois éprouvé le désir, l’envie, le besoin même, de lui écrire tout au long de cette lecture. Lui écrire naïvement : « je ne vous connais pas, mais moi je vous aime » pour le détromper. Lui écrire que si apprendre à aimer l’autre dans son entièreté, avec ses défauts et ses qualités n’est pas toujours aisé, il est bien plus difficile d’apprendre à s’aimer soi et d’accepter ses faiblesses comme autant de petites parties de son être, pas toujours heureuses certes, mais sans lesquelles nous ne serions sans doute pas tout le reste…

Qu’à défaut de s’aimer, il est possible de s’accepter.

C’est dramatique ce qui se passe en équipe de France

© La Vilaine - Tignes Mai 2010

Votre Vilaine a tout tenté pour éviter d’entrer dans la mouvance des articles sur la Coupe du Monde de Football, elle était même, pour tout vous avouer, à deux doigts de laisser son blog en touche le temps que les Olas retombent, mais voilà que répondant non pas à l’appel des  vuvuzelas mais à celui de son agacement plus qu’avancé, elle en est bassement réduite à arracher les strappings fraîchement posés sur ses dix doigts et faire une entorse de plus à ses résolutions pourtant sincèrement proférées.

Parce que oui, tenons-le nous pour dit, la Coupe est pleine et La Vilaine a besoin d’éructer sans plus de délai ses pensées sur le sujet.

Rassurez-vous, je ne vais pas par ce billet vous exposer la cent millième analyse sur les rebondissements ultra-comiques de « notre » équipe, avant et après le début de ce grand-et-magnifique-fait-footballistique. Même si, je l’avoue sans même une pointe de honte, je ne fus pas la dernière à les railler, et même à m’en réjouir un peu, y voyant là une sorte de variante à mon utopique espoir Miss France et souhaitant même (la méchante fille) que dimanche lors du dernier sketch conté par Raymond Domenech, on nous annonce le refus des joueurs de se présenter sur le terrain mardi, parce que tant qu’à ce que ce soit le bordel, autant y aller à fond, non ?

Point d’analyse donc, d’autant que je m’y connais autant en Foot qu’en macramé, je ne connais le nom de certains joueurs que depuis un mois (où poussée par une folie passagère j’acceptai de me rendre à Tignes pour voir la montagne, heu, non, les joueurs s’entraîner) et même si pour beaucoup de mes congénères ça ne nuit en rien à la possibilité d’y aller de son petit commentaire, pour ma part je m’abstiens.

© La Vilaine - Tignes 2010

Bref, d’ordinaire je finis par suivre ces matchs une fois les cocottes passées, parce que c’est aussi l’occasion de partager une petite bière et une soirée avec quelques amis, mais jamais avant, parce qu’avant La Vilaine, elle n’y entend rien.

Mais voilà que cette année, si je n’y comprends toujours miette, j’ai pu au moins m’amuser dès le début grâce à des envolées verbales, des théories du complot, de l’incorrection et de l’insurrection !

Jusqu’à ce jour où la colère a pris un pas, un coup de pied même, sur l’amusement… Si, bien que consternée également à chaque grande rencontre sportive, je sais et je me suis fait une raison sur le fait que l’information est totalement dévouée aux résultats, comme si soudain le reste du monde, sa misère et ses horreurs, s’en trouvait privé d’importance, là, la Coupe de ce monde est pleine.

Je regardais « Le Grand Journal » d’un œil distrait quand, à la question « que pensez-vous de ce qui se passe en Équipe de France ? » Monsieur Dugarry répondit « c’est dramatique, je suis terriblement triste ». C’est là, à ce moment précis, en entendant le terme « dramatique » que je suis tombée de mon canapé et que j’ai renoncé à mon pacte avec moi-même. Des jours que les journalistes et commentateurs nous assènent,  le trémolo dans la voix, les termes les plus marqués pour des propos sortis du nerf-de-la-guerre des vestiaires et de la cour de récré en herbe toute verte, que des ministres nous parlent « d’audit » urgent et je vous en passe. Mais là, j’ignore pourquoi, la fois de trop sans doute…

© La Vilaine - Tignes Mai 2010

Dramatique ? Non : ridicule, risible, pitoyable ou consternant, soit, mais dramatique c’est plutôt le lien ci-dessous et le fait qu’il faille scroller longuement pour le voir, tout caché sous les tonnes d’articles « Coupe du Monde » et « Wimbledon ». Alors que l’on en rigole oui, que l’on en soit consterné aussi, mais remettons un peu les crampons sur le terrain de la réalité et tentons de ne pas trop forcer le trait…

Le vrai drame.

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Culture Pub ?

Si l’on accepte le postulat selon lequel la publicité est le reflet sociologique de notre époque, force est de constater qu’il y a encore un sacré boulot à faire sur l’égalité sexuelle. Quoi ? Que prend-il donc à La Vilaine d’ordinaire si peu encline à jouer les chiennes de garde et qui serait même aisément accusée de misogynie si elle n’était une femme ?

C’est vrai, lecteur assidu, que je n’avais jusqu’alors jamais poussé le moindre gémissement complaisant envers mon sexe, que je n’ai pas la moindre fibre révolutionnaire-égalitaire étant avouons-le sans pommettes rougir, d’un tempérament plutôt masculin sur le relationnel et la vie de couple, et étant largement plus agacée qu’un homme sur les comportements « prise de tête » de mes consoeurs de sexe. Mais voilà, j’ai beau penser ce que je pense haut et fort (non, je ne m’en cache pas, ce qui me vaut une grande part d’incompréhension face aux potentielles copines), ne pas avoir le fantasme de la robe blanche et rire des belles diatribes romantiques qu’un pauvre bougre tenterait sur ma petite personne, j’ai malgré tout deux petits yeux perçants et un cervelet qui tournicote parfois en roue libre…

J’ai toujours eu une certaine passion pour la publicité, guettant en trépignant « culture pub » dans ma jeunesse (les plus déductifs d’entre vous auront là un précieux indice sur mon âge qui commence à avancer) et partageant largement le postulat indiqué en préambule. Bref, je ne zappe pas sur mon temps de cerveau libre, je regarde médusée ou agacée les réclames et parfois je m’étrangle comme W. Bush avec un bretzel, que, estomaquée que je suis par une révélation soudaine que même Bernadette Soubirous m’envierait, j’ai aspiré dans une aspiration effarée au lieu de mâcher comme il se devrait…

Voilà donc quelques semaines que je scrute mon écran, voulant m’assurer de la véracité du constat effectué. Si j’en crois la publicité, seules les femmes nettoient la cuvette des toilettes. Je vous imagine déjà repassant incrédules dans votre tête tous les spots récemment avalés, mais je vous jure, j’ai bien vérifié, point de Monsieur dans les pubs canard WC…

Bien sûr, il y a du mieux si l’on compare à une dizaine d’années, on voit à présent des hommes s’occuper de la lessive et de la cuisine dans lesdites pubs, cela dit toujours pour vanter la facilité d’usage du produit (à votre place Messieurs, j’en serais quelque peu vexée) mais pour les cabinets d’aisance, point de testostérone, jamais !

Alors, je me suis mise à farfouiller encore plus avant chaque campagne et ai constaté toute bée, que selon les mêmes agences, seules les femmes sont stressées… Si, si là encore, regardez bien, les euphytoses et autres merveilles naturelles contre la crise de nerfs n’emploient que des femmes pour promouvoir leurs bienfaits…

Donc si j’en crois la publicité seules les femmes gratouillent les virgules des cuvettes et sont sous tension, doit-on y voir là un rapport de cause à effet ?

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Bonne année ! Et la santé surtout, la santé…

Comme tous les ans, voilà que reviennent les traditionnels voeux de fin et début d’année, et voilà La Vilaine bien embarrassée par de tels épanchements bien absents de sa compréhension.

Photo La Vilaine

Aussi loin que je me souvienne, les fêtes de fin d’année, et en particulier celle du nouvel an, a toujours déclenché en moi scepticisme et petite déprime. Enfant, au moment même où l’on s’agitait soixante secondes avant l’heure attendue, une irrépressible envie de me pelotonner sous un meuble, n’importe lequel pourvu que je disparaisse en me fondant dans le sol, me saisissait sans crier gare. Les baisers échangés avec une fougue alcoolisée, les cris, les sautillements de joie, étaient autant d’agressions pour mon petit esprit un peu singulier et m’arrachaient des larmes inexpliquées.

Il me semble que la première fois que j’ai pris conscience de l’absurdité de ces voeux, et que conséquemment j’ai rejeté tout de go cette liesse, c’est lorsqu’après avoir réveillonné et souhaité comme l’on dit « tout le bonheur du monde », j’ai découvert le lendemain matin que la guerre Iran Irak n’avait pas disparu dans la nuit. J’étais obsédée par ce conflit, me réveillant même la nuit du haut de mes quatre ou cinq ans, parce que le grondement de l’orage me laissait penser dans un demi sommeil que la Défense Sacrée était à nos portes.

Si aujourd’hui, et c’est heureux, les voeux de bonne année ne me tirent plus de sanglots étouffés, je goûte toujours aussi peu cette drôle de mascarade, et suis toujours aussi éberluée de lire, voir, entendre, mon entourage proche ou éloigné, s’inquiéter ou se réjouir du départ pris par la nouvelle année. « Ca commence mal », « j’espère que cette année sera meilleure que la précédente », sont autant de petites diatribes qui me laissent toute coite. Comme si soudain, tout allait changer.

Alors bien sûr, sachant parfois ne pas m’entêter, je présente mes voeux à ceux qui y attachent une véritable importance, réponds (mollement) à ceux qui me sont faits, ironise sur les phrases toutes faites « et la santé, surtout, la santé » en pouffant, mais reste dans un coin de ma tête la pensée que de 23h59 à 00h00 que pourrait-il bien se passer de si bouleversant que nos vies en seraient soudainement changées ? Que nenni, la même bouchée par jour dans la même tartine de merde dont parlait déjà mon arrière-grand mère. Le tout c’est d’apprécier à leur juste valeur les petits morceaux sucrés sur lesquels on tombe parfois et de savoir s’en délecter quelle qu’en soit la date, non ?

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Mon utopique espoir Miss France

Tous les ans, je regarde les résultats de Miss France avec l’utopique espoir que la couronnée de l’année, oubliant toute retenue et bienséance hurlera en entendant son nom : « Putain de bordel de merde ! Je le savais ! ».

Miss France infographie par La Vilaine

Tous les ans, je m’installe donc confortablement dans mon canapé ramolli pour me laisser décérébrer par une des soirées les plus kitsch de l’année (l’autre étant l’Eurovision que mon vilain esprit de Vilaine aime à consommer avec la moquerie la plus basse et une pointe de honte) : l’élection de la plus belle femme de France, comme il dit Jean-Pierre… Et à l’instant même où ses lèvres se crispent pour prononcer cette phrase ô combien surréaliste, les mêmes interrogations obsessionnelles se bousculent dans mon cervelet de ménagère de moins de cinquante ans. Parce qu’au fond c’est vrai, il faut déjà une sacrée dose d’amour propre pour se présenter à pareil concours, se regarder droit dans la glace et se dire « je suis tellement belle, tiens si ça se trouve je suis même la plus belle femme que la France ait en ses frontières » me laisse toute pantoise. Sans doute est-ce lié à ma relation personnelle à l’image, mais n’empêche que ça me laisse toute pantoise.

Bien sûr les quelques ménagères plus expertes en élection miss France m’opposeront que non je n’y connais rien, ça passe d’abord par les régions. Et puis après ? C’est pareil, se regarder dans la glace et se dire « je suis tellement belle, tiens si ça se trouve je suis même la plus belle femme de ma région » ça m’en laisse la bouche ouverte et l’oeil tout épaté.

Soit, admettons et admirons. Après tout c’est plutôt admirable que d’être narcisse en ces temps de complexées et de chirurgie esthétique, donc La Vilaine range ton mauvais esprit et rends hommage…

J’enrobe donc mon cervelet de téléphagie et usuellement, je ne regarde que du coin de mon angle mort, cette belle cérémonie française (enfin…) tout en occupant tout le reste de mon esprit à autre chose (vous m’accorderez que l’on peut aisément être occupée quasi entièrement à d’autres tâches, tout en regardant ce genre de programme qui doit pomper à tout casser l’équivalent du cerveau d’une grenouille laissant tout le reste à libre disposition) mais je reste tout de même vigilante, il serait ballot que je loupe en étant trop dilettante un petit quelque chose qui rendrait la fête digne de ce nom : un dérapage incontrôlé d’une Miss qui n’entrerait pas tout à fait dans le moule et ferait ou dirait une sottise réjouissante (enfin au sens Miss France du terme, selon l’étiquette en vigueur parce que des sottises réjouissantes au sens basique…). Je zappe les petits reportages agaçants nous montrant un troupeau de caillettes toutes en gloussements et petits cris suraigus dignes de rappeler à mon bon souvenir que si j’étais un homme je ne serais pas capitaine mais sans doute misogyne, et relève les yeux à chaque présélection cherchant mon graal : le cri incontrôlé !

Mais tous les ans, telle une enfant se précipitant toute pleine d’espoir au pied du sapin, je me retrouve fort marrie de ne trouver que tremblements et larmes retenues en lieu et place de l’attendue perte de contrôle. Oh bien sûr, je trouverai un peu de mon bonheur dans les regards des perdantes, contemplant avec un sourire masquant à grande peine la haine ressentie, mais « putain de bordel de merde » point de « je l’savais »…

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Quand le 20H se fait Presse à Scandales

voiliVous l’avez sans doute déjà remarqué dans plusieurs de mes articles, pour peu vous les ayez lus avec le regard critique qui décortique mes tics, mais les 13 et autres 20 heures télévisés et moi n’étions déjà pas dans des termes franchement cordiaux. Soupçons appuyés sur leur manque d’objectivité et leur besoin d’effrayer toute personne un peu crédule par des sujets traités avec tout le drame qu’ils ne méritent souvent pas, oublis certains de sujets « non vendeurs » et pourtant vraiment importants, orientation politique appuyée, bref, j’ai toujours privilégié une presse écrite et variée (justement par souci d’évitement des influences politiques), sur papier ou sur la Toile que les blablas journaleux des Pujadas et autres « stars » du 20 heures.

Et puis est survenu LE DECES, le fameux et terriiiiiible décès du grand Mickaël Jackson et là, ce n’est plus la défiance mais le dégoût qui se sont emparés de mon cervelet à chaque allumage d’écran. Attention, gardez-vous bien de penser que je remets en cause le malheur qui frappe la famille et les proches de ce grand chanteur, et même si je ne comprends pas que l’on pleure un être, aussi doué soit-il que l’on ne connaît pas personnellement, je respecte les réactions, même les plus disproportionnées, de chacun. Mais voilà, que durant toute une semaine (et encore je crois que je minimise là), le seul événement important de ce monde soit la mort d’un seul homme, je le répète, aussi doué soit-il, me laisse pantoise et déçue par notre société. Une heure de journal sur cette disparition, quinze petites secondes sur le reste : les étudiants Iraniens assassinés, les bombardements et guerres qui détruisent des milliers de vie, bref, on va faire vite fait, The King of the Pop vient de mourir lui !

J’avais donc repris le parti de ne plus regarder ces « journaux » télévisés (et oui, parfois La Vilaine fait montre d’une grande naïveté et revient sur ses décisions, des fois qu’elle se soit trompée, pis finalement, ben non), et puis Frédéric Fredj m’apprend en laissant un commentaire sur mon blog, que Thierry Jonquet vient de mourir dans la nuit du 9 au 10 août. Me voilà toute tourneboulée, ayant eu la chance de partager un vrai moment magique avec lui (voir mon article : Thierry Jonquet ou les découvertes des dîners Mille-feuilles), et sotte caillette que je suis, je décide de regarder le 20h afin d’entendre l’hommage, qui je n’en doute pas lui sera fait (il s’agit tout de même d’un auteur emblématique de romans noirs, d’un homme décoré par la LICRA pour son livre « ils sont notre épouvante et vous êtes leur crainte » et j’en passe).

J’allume donc mon écran, et m’assoie bien sagement sur mon canapé, le coeur lourd mais plein d’espoir d’entendre un hommage mérité. Ne pouvant regarder toutes les chaînes en même temps (ben nan, je n’ai qu’une télé et un seul cerveau), je jette mon dévolu sur TF1 parce que, reconnaissons-le sans honte, Harry Roselmack est quand même plus glamour que Françoise Laborde (même si celle-ci a eu le mérite de lâcher un « putain », réjouissant car surprenant, récemment).

Bref, donc je choisis TF1 pour des raisons purement animales, et c’est bien déçue que je constate que Thierry Jonquet ne se voit même pas accorder quelques minutes. Il aurait pourtant été si aisé d’en toucher mot en rebondissant sur les derniers affrontements en banlieue. J’en prends acte et me persuade que cet oubli sera réparé dès le lendemain.

Même configuration (sage, canapé, coeur lourd, espoir) le lendemain donc quand soudain (comme ils disent dans les émissions racoleuses) c’est le drame ! Après quelques minutes sur les véritables faits d’actualité, l’information du soir, le gros titre sur lequel on s’étend longuement, donc un des événements les plus importants du jour dans le monde entier, c’est l’hypothétique lieu d’inhumation de (j’vous l’donne en mille) Mickaël Jackson qu’on aurait (notez le conditionnel, parce que non, on n’est même pas sûrs) enfin découvert ! Une information à m’en provoquer une fausse route avec mon thé glacé non encore dégluti… C’est que je dois avouer ma stupidité et mon ignorance sur le sujet, j’étais persuadée que ce genre « d’informations » (vous noterez les guillemets ) était réservée à ce que l’on nomme communément la Presse à scandales et que la presse « sérieuse » ne nageait pas (encore) dans ces eaux troubles.

J’ai tout de même patiemment laissé s’écouler tout le (j’hésite à écrire journal, mais puisque c’est ainsi qu’il s’autoproclame, allons-y) journal, pas un mot sur le décès de Thierry Jonquet. Je n’attendais pas qu’on en fasse les gros titres, pas plus que je n’espérais que l’on aborde le sujet plus de quelques minutes (ce qui aurait totalement manqué de logique si l’on se réfère à mes propos d’un peu plus haut) mais tout de même, si le 20 heures ne s’était fait Presse à scandales en relayant un pseudo-scoop sur la sépulture de Mickaël Jackson, ces quelques minutes auraient pu être utilisées au profit d’un grand auteur Français trop tôt disparu…

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