La crise de foi

Revenir, réparer, réécrire...

Des semaines, des mois sans un mot, emportée par le courant du syndrome du blog blanc, j’ai laissé filer le temps, ployant sous le faix de ma crise de foi en moi, seul mon propre jugement faisant foi.

J’étais à deux touches de clavier de tout supprimer pensant qu’il serait plus aisé de redémarrer ailleurs et autrement. L’envie était là pourtant, les idées lancées, mais dès qu’ils s’agissait de coucher plus de quelques lignes sur ce papier de virtualité, mon cerveau me répondait par un 404-not-found et paralysait mes élans comme une vilaine douleur de dos irradiant jusqu’aux doigts la retranscription de mots me semblant tous plus idiots.

Je n’ai pas plus lu qu’écrit, incapable de me concentrer, je me suis allongée au ras des pâquerettes et m’y suis roulée. Vautrée dans mon humeur violette, mélange indécis de bleu et de rose, j’ai abandonné ma prose en me trouvant des excuses allant de l’overdose au manque de temps et de talent, et pourquoi pas de moelle aspirée, en passant ?

Et puis le repos forcé, en PPP*, le cerveau qui se remet à turbiner, une envie d’écrire comme d’uriner.

À nouveau accepter la médiocrité, accepter les billets ratés, les dérapages qui par jeu de hasard peuvent remplir de belles pages. Écrire pour soi, en se moquant du comment et du pourquoi, reprendre la gymnastique bien spécifique de l’écriture quasi automatique comme on prend une bonne dose de Vanilone® pour combattre une crise d’acétone.

*PPP = Position Parallèle au Plafond