Vie Vent

Du vent !
Vie vent !

Il y a ce vent que plus personne ne prend la peine d’écouter.

Il y a ce vent qui t’emmène dans les profondeurs des forêts,

Tambour battant, coeur en apnée, 

Il y a ce vent, ce vent qui réveille et souffle les pires conseils.

Il y a ce vent, qui vient chercher tes instincts, ton animalité.

Il y a ce vent qui souffle sur ta peau, ce vent qui soulève, te soulève à te renverser.

Il y a ce vent qui t’invite, te pousse, t’exhorte à danser.

Il y a ce vent qui t’envole jusqu’aux toits pour danser. 

Il y a ce vent qui hurle au corps comme le chien hurle à la mort. 

Il y a ce vent, et il y a les corps soudain vivants. 

Nulle part ailleurs

Il y a des gens que j’aime d’un amour qui n’existe nulle part ailleurs dans mon cœur. 

Des gens que j’aime pour leur rare loyauté et leurs valeurs. Des gens animés par la conscience de leur brève existence, par l’urgence de semer la bienveillance et la beauté.

Ce n’est pas un amour charnel, fraternel ou maternel, c’est un amour d’âme.

C’est un amour pur, un amour originel. 

Ils pansent leurs blessures en pensant les autres, ils battent l’injustice au rythme de leur cœur. Leur droiture ne faillit pas et, si toutefois elle s’émousse, ils n’ont de cesse de réparer leur erreur. 

Il y a des gens que j’aime d’un amour qui n’existe nulle part ailleurs dans mon cœur. 

Des gens devant lesquels je peux me présenter nue sans craindre pour ma pudeur. Ils défont leur manteau pour m’en envelopper.

Ils répondent aux questions les yeux droits dans le cœur, ils ne détournent rien, même à leur faveur. 

Il y a des gens que j’aime d’un amour qui n’existe nulle part ailleurs dans mon cœur. 

Parce qu’ils ont l’humanité et un code d’honneur, parce qu’ils ont la fidélité et les actes des grands seigneurs. 

Cérémonie au Haras d’Annecy

Pardonne mon long silence, lecteur papoteur, j’avais des retranscriptions jusqu’au chignon, des projets en ébullition et tout un tas d’autres bonnes raisons de mettre un peu de côté cette partie de mes écrits.

Pour me faire pardonner, je te donne quelques actualités et, surtout, une possibilité de se rencontrer.

Dimanche 27 juin 2021 à 16H00 au Haras d’Annecy

La cérémonie de remise des prix de la poésie récompensant les lauréats des différents concours organisés au printemps dernier dans le cadre du printemps des poètes, promet un joli moment culturel et de partage.

Spectacle, musique, remise des prix, lecture des poèmes sur le désir, le tout en plein air et gratuit.

J’ai appris avec bonheur que mon poème « Le chant du désir » sera lu en ouverture de la cérémonie.

Après la cérémonie (qui devrait durer un peu moins d’une heure) une heure d’échange informel est prévue. Une occasion, donc, de se rencontrer.

Je t’espère présent (tout comme le soleil !).

Un souffle chaud entre les omoplates

Ils nous ont dit que l’on pouvait fanfaronner, que l’on pouvait courir à poil en hurlant que l’on était sélectionné, que l’on pouvait danser comme un poulet pour célébrer dès que l’on aurait vu le titre de notre nouvelle dans la liste de celles retenues.

Je n’ai rien fait de tout ça, juste ma respiration qui s’est emballée avec un peu de mon coeur pétri d’incrédulité, juste le souvenir du lycée à chercher son nom sur la liste des bacheliers dans la cohue des déçus et des reçus en bande organisée.

Je n’y étais même pas allée, au lycée, pour vérifier. Je bossais pour me payer un voyage anglais et ça m’avait bien arrangée de ne pas avoir à chercher ce fameux nom, j’avais peur de ne pas le trouver et de rentrer tête baissée, bouche à l’envers en maudissant les mois sans sommeil et la machine à laver qui ne cessait de tourner la nuit et qui me bringuebalait-cognait-secouait, m’interdisait de réviser.

Mais lundi j’ai cherché, j’ai affronté, j’ai bien failli déléguer cette menue quête au tout petit homme très curieux qui me harcelait depuis des jours pour savoir si j’étais ou non finaliste et puis non… ça devait être moi.

Nous étions 300 sur la ligne de départ de la nuit de l’écriture, 233 à renvoyer une nouvelle avant que le glas ne sonne à 07H00 du matin. Nous y avons tous mis nos tripes, tous dépassé nos limites, quelles qu’elles soient.

Nous sommes 30 à être sélectionnés pour la suite de l’aventure. J’ai bien dit « nous », car oui, j’en suis, il te faudra donc patienter, lecteur curieux, car je suis tenue au secret jusqu’au 29 mars, pas un mot sur ce que j’ai commis, encore moins un titre puisque c’est par ces seuls petits mots que le jury nous identifie, anonymat jusqu’à la fin et c’est bien.

J’ignore ce que sera la suite, j’ignore si je serai dans les 9/10 qui seront publiés, encore moins si j’ai une chance d’être lauréate de ce Prix de la Nouvelle Érotique (je ne croyais déjà pas être dans les présélectionnés, alors, tu te doutes bien !) mais ça répare, tu sais. Ça répare les « pour qui tu te prends » lâchés dans une cuisine et qui ont résonné longtemps, et tant, et tant…

Ça répare aussi sûrement que les yeux de chat qui me couvent et croient en moi, et ça redonne de l’élan autant qu’un souffle chaud entre les omoplates après une baignade dans un lac gelé.

 

 

Sens dessus dessous

encore un rayon

On a cru que c’était fini, on a fermé les fenêtres, on a sorti les pulls, on s’est blotti sous les plaids, on a senti ce froid qui reste à l’intérieur et que seule une douche brûlante parvient à apaiser.

On a cru que c’en était terminé alors on a bougé les meubles comme pour bouger l’humeur, comme pour hiberner, se préparer à cocooner, ça avait du sens de les changer de sens, ça avait du Vian, ça avait un air de jours qui s’écument.

On a cru que c’était achevé, il a même neigé, on a trouvé que ça piquait cette brutalité, tous nos sens en étaient paralysés.

Et puis, le tout s’est réchauffé, comme le regain des lits de mourants, l’été a tout redonné dans un sursaut de fierté.

Alors on se précipite pour profiter des derniers rayons, on prend d’assaut les plans d’eau, on bavasse en terrasse, on cherche à oublier que, bientôt, ce sera vraiment terminé.

Comme une soudaine fugue, comme on retient le temps, on prend tout ce qui peut l’être et qui peut nous ramener à la liesse de l’été.

Alors on s’accroche comme des désespérés, comme si une saison pouvait nous sauver, comme si seul un été pouvait nous remplir, nous donner, nous libérer.

On a cru que c’était fini, que c’en était terminé, on a cru que c’était achevé, qu’on l’avait rêvé.

Mais tout s’est réchauffé et tant qu’il y est, ce n’est pas totalement terminé, tant qu’il y a été, on n’a pas rêvé, c’est que l’on y a été…

 

Maintenant

Tic Tac Tic Tac

C’est une succession, une accumulation de contretemps, d’imprévus, de pas maintenant, de ce n’est pas le moment.

C’est une sorte de procrastination de l’instant présent, une procrastination de la passion et du sentiment.

De plus tard en plus tard, on perd du temps, on endort l’envie.

La patience se délite à mesure que l’on perd de vue quel sera le bon moment, le où, le quand ?

Ce sont des bonnes résolutions qui s’effritent sous le vent du manque de temps.

Eh bien stop, il suffit, c’est maintenant. Tu as bien assez attendu, il est temps. Tu vas tout sortir : tes peurs, ton passé, tes angoisses et ta force, ta force immense bien planquée sous la peau de ta silhouette fragile. Tu vas y croire, investir tout ce que tu as dedans. C’est maintenant, il est temps. Ça passe vite, trop vite, tu perds du temps, c’est même sorti de la bouche de ton fils de 7 ans. Dans un soupir rageur et déstabilisant, parce que c’était l’heure, parce qu’il n’avait plus le temps, il a lâché : « pfiou, la vie, ça passe trop vite ! ».

Oui, elle passe vite la vie, on croit qu’on a tout plein de temps. On croit qu’on peut attendre ceci, cela, le bon moment. Mais on ignore jusqu’à quand on aura le temps. Demain ? Lundi ? Dans deux ans, dans une heure ou dans vingt ans ?  Et entre temps ? Tout plein de temps alimentant des moulins et du vent.

La seule attente qui vaille est celle d’une réponse, d’une suite à donner, de résultats, d’une décision, peu importe tant que l’attente suit l’action, tant que l’action suit l’envie, le cœur et la vie. Là, l’attente devient excitation. Là, on attend l’attente, on la savoure, parce que cette attente-là devient un supplice délicieux et l’on se souviendra longtemps d’elle, comme d’un avant et d’un après qui l’on est.

Bien sûr, ça demandera des sacrifices et des yeux cernés, des choix, des milliers de choix, des choix du quotidien, des renoncements, des risques, des armées de risques. Alors, lecteur endormi, réveille-toi, toi aussi, quel que soit ton projet ou ton envie, bouge pour le mener, bouge pour en profiter, bouge pour préserver, bouge pour aimer, bouge même s’il ne s’agit que de conserver/préserver ce que tu as déjà (on en a déjà parlé, n’est-ce pas ?), parce que ta vie ce n’est pas demain, c’est maintenant.

 

100°C

matière grise en ébullition

100°C, c’est le point d’ébullition.

100°C c’est la température exacte de mon cerveau.

Mon cerveau bouillonne et je manque de temps. Je pourrais t’écrire des pages, cinquante articles à la minute non nuancés de Grey, lecteur ébouillanté. Mais il s’avère que comme toi, comme lui, comme elle, comme nous tous, le retour de vacances m’a plongée droit dans les corvées et tout ce qu’il y a à réaliser pour continuer d’avancer, vent debout.

Point de triangle de Bermudes à emmerdes, il faut replonger dedans tête baissée et enchaîner, à peine rentrés que nous sommes déjà tous sur les genoux à se demander si l’on en verra le bout. Pas vrai ?

Alors bien sûr, on a bonne mine, le teint hâlé mais…

J’ai mille envies, j’ai mille projets, je voudrais tout faire en même temps, être ici et là, partout et tout le temps. Et tout ce qui doit attendre parce que ce n’est pas encore le moment (patience et longueur de temps…).

Alors bien sûr, on ne va pas se plaindre ou râler, on a eu des vacances, c’est bien plus que beaucoup en France (et je ne te parle pas d’au-delà pour ne pas te miner).

Mais là, tout de suite, maintenant, ce qu’il me faudrait c’est du temps (et le don d’ubiquité). Du temps pour poser, refroidir ce cerveau qui ne demande qu’à écrire et créer, me lancer sur le prochain roman qui est déjà presque tout entier dedans.

Alors, bien sûr, je savoure ma chance d’être là, de manquer de temps, au moins je ne m’ennuie pas mais…

Je peine à me concentrer, je divague et diverge.

Tiens, même cet article je ne sais pas comment le terminer, parce que je manque de temps et parce que, dans ma tête, je suis déjà sur le suivant…