Pas plus qu’un grain de sable

vanité au sablier - Pieter-Symonsz Potter

vanité au sablier – Pieter-Symonsz Potter

En 2100, on vivra sans. On vivra sans doute majoritairement cent ans mais l’on vivra surtout sans temps… Vous trouvez bien étonnant qu’il puisse être possible que l’on vive sans temps, vous vous dites que La Vilaine perd son temps à imaginer un nouveau scénario pas bien beau (donc vilain), un scénario perdu dans un temps que les moins de cent ans ne pourront pas connaître. Vous vous dites que c’est le temps, que tout fout l’camp (ma bonne dame !), et finalement, vous n’êtes pas loin de la vérité du fondement de ce billet.

Oui, tout fout l’camp (ma bonne dame !) et si l’on vous cause de la météorologie nationale, de votre vitamine D qui se fait la malle en ce mois de mai un peu givré, on ne vous conte pas que le sable disparaît dans l’indifférence générale (et pour ceux qui ne suivent pas mon raisonnement sur le temps : sable > sablier > temps). Oui, le sable s’enfuit et personne ne vous le dit… Enfin si,  mardi, si le cœur vous en dit, un documentaire sur ce sable que l’on perd, sera diffusé sur Arte. Ça paraît peut-être anecdotique comparé à tout ce que l’on vivra sans  (sans bon nombre d’animaux sauvages – en passant : on dit des animaux qu’ils sont sauvages lorsqu’ils craignent l’homme ce qui en fait plutôt des êtres sensés, donc civilisés, non ? Je suis assez pour changer ce vocabulaire – sans une immense partie de la flore, sans, sans, sans… Ça me ronge les sangs…) mais bon sang, le sable…

Plus de concours de châteaux de sable, plus de sable s’écoulant puis crissant sur l’émail de la douche, plus de douce chaleur entre les doigts des mains qui se font machinalement sablier tout en conversant légèrement sur des serviettes un peu mouillées ? Plus de petits grains s’accrochant dans des cheveux emmêlés par le sel et les vagues ? Plus de corps s’allongeant sur le sable chauffé à blanc pour se réchauffer après s’être baigné dans une mer un peu glacée ?

Parmi tout ce dont l’homme use et abuse, voici donc qu’un grain de sable, viendra à son tour à manquer un jour…

N.B. : Vous aurez noté que, pour une fois, ce n’est pas moi qui ai illustré. Mais un tableau regroupant vanité ET sablier, vu mon sujet, je n’aurais pas mieux fait…

4 réflexions au sujet de « Pas plus qu’un grain de sable »

  1. Tu connaissais la réponse… Je suis touché par le style, qui arrive à nous faire sautiller légèrement de joie sur un sujet que nous savons très préoccupant. Préoccupant, non pas tant sur les conséquences mais aussi sur la « sauvagerie » humaine, sur la présence de sa barbarie.

  2. Ping : Château de sable | Littérature et billets d'humeur : Parole de vilaine

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