Cérémonie au Haras d’Annecy

Pardonne mon long silence, lecteur papoteur, j’avais des retranscriptions jusqu’au chignon, des projets en ébullition et tout un tas d’autres bonnes raisons de mettre un peu de côté cette partie de mes écrits.

Pour me faire pardonner, je te donne quelques actualités et, surtout, une possibilité de se rencontrer.

Dimanche 27 juin 2021 à 16H00 au Haras d’Annecy

La cérémonie de remise des prix de la poésie récompensant les lauréats des différents concours organisés au printemps dernier dans le cadre du printemps des poètes, promet un joli moment culturel et de partage.

Spectacle, musique, remise des prix, lecture des poèmes sur le désir, le tout en plein air et gratuit.

J’ai appris avec bonheur que mon poème « Le chant du désir » sera lu en ouverture de la cérémonie.

Après la cérémonie (qui devrait durer un peu moins d’une heure) une heure d’échange informel est prévue. Une occasion, donc, de se rencontrer.

Je t’espère présent (tout comme le soleil !).

C’est le Printemps… des poètes

Printemps des poètes

Durant l’hiver, j’ai semé des graines au milieu des champs ravagés.

Comme tout jardinier (non, lecteur militant pour l’équité, ne t’attends pas à ce que j’écrive « jardinière », ça sonne trop pot de fleurs dans mon imaginaire), j’avais toute conscience qu’il faudrait longuement patienter pour voir si quelque chose pousserait.

Pour autant, je guettais l’arrivée de ce mois de mars avec autant d’espoir impatient qu’un naufragé guette l’envoi d’une bouée, sachant qu’à tout le moins, un peu de culture viendrait à nouveau réveiller mon cerveau affamé.

De juteuses et nourrissantes dates démarrent donc leur floraison en ce mois de mars pas (encore) confiné.

Tout d’abord le 23ème Printemps des Poètes auquel je participe activement pour la première fois. Petit résumé de ce que je n’ai guère pris le temps de raconter ici : j’ai été conviée à proposer un poème sur le Désir (thème de cette année) au concours d’Annecy 2021, expérience littéraire inédite pour moi mais j’ai accepté de relever le défi.

Les premiers résultats sont tombés : j’ai été en primo sélection des 50 (sur les 223 participants) mais, pour autant, mon poème a été jugé « trop charnel » pour être publié (la sélection suivante des 30). L’aventure s’arrête donc là pour moi soudainement auréolée de subversivité (ce qui m’amuse, la pensée d’avoir un peu secoué certains membres du jury compensant la déception).

J’ai également été sollicitée pour participer avec un autre poème à une exposition dans les 10 médiathèques de la ville d’Annecy, toujours dans le cadre du Printemps des Poètes, alliant poèmes sur le Désir et illustrations photographiques.

La situation sanitaire n’a malheureusement pas permis de maintenir le vernissage (on s’y attendait).

Chaque médiathèque expose une partie des panneaux mais l’intégralité des panneaux poèmes et photos se trouve à la médiathèque de Bonlieu. Pour celles et ceux qui peuvent et veulent se rendre sur place, vous avez jusqu’au 26 mars pour visiter l’exposition (ce qui peut être une jolie occasion de se faire une sortie culturelle en ces temps où les possibilités sont aussi rares qu’un cheveu sur la tête à Mathieu)

Pour celles et ceux qui ne peuvent ou ne veulent s’y rendre, vous pouvez découvrir les poèmes sélectionnés et les photographies réalisées par des photographes régionaux pour illustrer chacun d’entre eux en ligne, sans quitter votre confortable fauteuil : https://brenasjg.wixsite.com/annecy21/copie-de-beaute (je vous laisse le soin de me chercher)

Enfin, un recueil regroupant tous les poèmes exposés + les différents poèmes des concours sera publié par la Ville d’Annecy au mois de juin où une cérémonie de remises des prix aura lieu.

Et pour terminer le point « évolution des plantations hivernales », comme tu le sais lecteur fidèle (enfin si tu l’es), j’ai participé pour la seconde année consécutive au Prix de la Nouvelle Érotique au mois de décembre et le jury nous a récemment indiqué que les résultats de la primo sélection devraient nous parvenir en avril (où, pour le coup, on se découvrira de plus d’un fil).

Pas si simple

Et transformer

Alors que Jean-Michel Blanquer s’arrache les quelques cheveux que le temps lui a encore laissés juste pour tricotiloter sur la suppression ou non du passé simple, je pense à eux.

Je pense à eux, ces amis, mes amis au passé pas si simple.

Je pense à eux et à comment ils ont composé avec, certains avec virtuosité.

Je pense à eux et à comment le passé simple ou compliqué marque toute une vie, une destinée.

Je pense à comment l’on conjugue sa vie pour en tirer un futur qui ne soit pas antérieur, un futur simple avec un seul impératif : un avenir plus-que-parfait ou, à tout le moins, avec aussi peu d’imparfait que possible.

Je pense à eux, à mes amis et aux inconnus aussi.

Ceux que l’on croise et dont on perçoit toutes les révisions sur le visage.

Je pense à eux et je sais.

Je sais le chemin qu’ils ont fait, je sais les choix et les renoncements, je connais les choix, résolument.

Je pense à eux.

Le passé simple n’existe pas, il n’existe que des choix et les réformes intérieures prennent du temps.

La fin de l’érotisme en musée

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Musée de l’érotisme – Pigalle

Je me souviens avoir visité, un soir pluvieux et glacé, ce musée un peu honteux, ce musée dont on ne se vante pas d’être allée auprès des collègues et des copains le lundi matin… Je me souviens des regards mi-figue, mi-raisin, amusés ou gênés entre les visiteurs de ce drôle de musée qui se lorgnaient entre la chaise phallique et celle « SM à faire du bien ».

À ma grand surprise, comme dans n’importe quel autre musée dans lequel j’ai pu rêvasser, le musée de l’érotisme a nourri mon esprit, m’a cultivée et intéressée tantôt en m’interloquant, tantôt en m’apprenant un bout de cette histoire que de par ma date de naissance je n’ai pu vivre ou voir. Je me souviens d’avoir ri en voyant les dessins de Wolinski, avoir été émue face à une « origine du monde » magnifiée, en 3D.

J’apprends aujourd’hui que ce musée ferme ses portes et vend ses collections faute de munitions. Ces munitions en monnaie sonnante et trébuchante qui ne sont distribuées qu’avec une parcimonie de plus en plus petite. J’en suis attristée, j’en suis peinée (sans jeu de mots douteux) comme je le serais pour n’importe quel autre musée. L’érotisme est sans doute le mal-aimé de ce siècle qui fonce vers la pudibonderie à grandes enjambées, à grands coups du butoir de la bienséance et de la bien-pensante manif’ pour tous et des extrémismes de tous poils.

Le musée de l’érotisme est sans doute le premier… Soyons tous vigilant, veillons à la préservation de TOUS nos musées, nos oeuvres et notre liberté.

Pas plus qu’un grain de sable

vanité au sablier - Pieter-Symonsz Potter

vanité au sablier – Pieter-Symonsz Potter

En 2100, on vivra sans. On vivra sans doute majoritairement cent ans mais l’on vivra surtout sans temps… Vous trouvez bien étonnant qu’il puisse être possible que l’on vive sans temps, vous vous dites que La Vilaine perd son temps à imaginer un nouveau scénario pas bien beau (donc vilain), un scénario perdu dans un temps que les moins de cent ans ne pourront pas connaître. Vous vous dites que c’est le temps, que tout fout l’camp (ma bonne dame !), et finalement, vous n’êtes pas loin de la vérité du fondement de ce billet.

Oui, tout fout l’camp (ma bonne dame !) et si l’on vous cause de la météorologie nationale, de votre vitamine D qui se fait la malle en ce mois de mai un peu givré, on ne vous conte pas que le sable disparaît dans l’indifférence générale (et pour ceux qui ne suivent pas mon raisonnement sur le temps : sable > sablier > temps). Oui, le sable s’enfuit et personne ne vous le dit… Enfin si,  mardi, si le cœur vous en dit, un documentaire sur ce sable que l’on perd, sera diffusé sur Arte. Ça paraît peut-être anecdotique comparé à tout ce que l’on vivra sans  (sans bon nombre d’animaux sauvages – en passant : on dit des animaux qu’ils sont sauvages lorsqu’ils craignent l’homme ce qui en fait plutôt des êtres sensés, donc civilisés, non ? Je suis assez pour changer ce vocabulaire – sans une immense partie de la flore, sans, sans, sans… Ça me ronge les sangs…) mais bon sang, le sable…

Plus de concours de châteaux de sable, plus de sable s’écoulant puis crissant sur l’émail de la douche, plus de douce chaleur entre les doigts des mains qui se font machinalement sablier tout en conversant légèrement sur des serviettes un peu mouillées ? Plus de petits grains s’accrochant dans des cheveux emmêlés par le sel et les vagues ? Plus de corps s’allongeant sur le sable chauffé à blanc pour se réchauffer après s’être baigné dans une mer un peu glacée ?

Parmi tout ce dont l’homme use et abuse, voici donc qu’un grain de sable, viendra à son tour à manquer un jour…

N.B. : Vous aurez noté que, pour une fois, ce n’est pas moi qui ai illustré. Mais un tableau regroupant vanité ET sablier, vu mon sujet, je n’aurais pas mieux fait…

La vérité est dans l’étron

La girafe flotte sans grâce et sans bouée ?

J-4 avant les vingt-deuxièmes Ig Nobel et ceux qui me connaissent (moi et ma propension à me réjouir de petits riens) savent que je guette chaque année avec la ferveur de la jouvencelle attendant qu’enfin on la dépucelle, cet événement bien trop ignoré médiatiquement.

Un homme ayant le bon goût de partager avec moi l’humour potache et l’amour immodéré de l’absurdité, me fit récemment part d’un numéro de Sciences et Vie, reprenant quelques études bien senties dignes de figurer parmi les prix de cette étonnante cérémonie. N’ayant guère pu me procurer ledit numéro, j’ignore si d’aucuns furent déjà récompensés par ailleurs ou s’il s’agit de prétendants aux Oscar de la science saugrenue… Je vous vois, vous, là, devant votre écran, le regard lourd de reproches : « Comment La Vilaine, on ne vérifie pas ses sources ? Quelle légèreté ! Quelle inconséquence », certes… Mais à ma décharge, je dispose actuellement de si peu de temps pour coucher des mots sur mon écran, que lorsque l’occasion s’allie à l’inspiration, je m’engouffre sans que la gêne m’étouffe… Cela dit, promis, si je récupère ce Sciences et Vie, je vous en livre une étude approfondie à l’aide d’une Maj glissée ici (comme disent ceux qui usent de l’informatique comme d’autres ont des tics).

Mais revenons-en à nos études scientifico-absurdes. Parmi celles portées à ma connaissance, deux ont particulièrement retenu mon attention : « Si elle n’a pas pied la girafe peut flotter mais sans grâce » et « Culinairement parlant, le bousier est attiré par les étrons qui puent ». Je vous passe bien évidemment tout ce qui concerne le fait que des scientifiques puissent conduire des recherches subventionnées sur pareilles études, et l’incroyable cheminement qui a pu les y mener, celui qui connaît les Ig Nobel y étant (presque) habitué.

Pour ce qui est de la première, « la girafe qui flotte sans grâce » (je vulgarise pour le néophyte), toute mon interrogation réside dans le « sans grâce ». Comment mesurer scientifiquement la grâce ? Philosophiquement, les bacheliers sueraient déjà sur leur copie si toutefois on leur demandait de définir la grâce, mais scientifiquement ? L’affaire me semble si complexe, que je demanderais bien à mes lecteurs (ceux qui restent malgré mon manque d’assiduité, y’en a bien un ou deux…) de me fournir une dissertation sur ce sujet passionnant faute de parvenir à dénicher cette merveille d’étude (et je vous assure que j’ai cherché).

Quant à la seconde, « le bousier est attiré par les étrons qui puent », elle s’est acquise toute ma tendresse tant elle résonne à mon oreille comme l’un de ces proverbes africains lourds de sens et de vérité, et tant je vois de nombreuses occasions de servir cette assertion (et pas que lors de rendez-vous culinaires).

L’homme qui ne voulait pas être Président

Infographie par La Vilaine – © La Vilaine

Le premier tour est passé, on en connaît les finalistes, qu’ils nous plaisent ou non. Quant aux résultats du second tour, ils nous parviendront dans une poignée d’heures… Je ne ferai pas de commentaires et encore moins de politique sur ce blog, ce n’est en aucun cas le sujet de ce billet, merci donc d’éviter toute intervention politico-terre-à-terre appelant à la lutte ou à la guerre pour l’un ou tout contre l’autre.

Venons-en donc au sujet : C’est lors d’une apparition télévisée de Philippe POUTOU que m’est venu ce billet (je sais, ça date un peu, mais écrire en PPP, ce n’est pas d’une grande facilité). Interrogé sur ce que ferait ce dernier en cas de victoire, Olivier BESANCENOT répondit par un simple mais on ne peut plus clair : « Il serait pas dans la merde ». Rire franc du candidat revenu à l’écran, regard qui trahit le « tu m’étonnes » qu’il pense de toutes ses forces, La Vilaine s’est alors perdue dans ses pensées…

Imaginons qu’un candidat se présentant sans vouloir devenir président, remporte la victoire par un incroyable hasard (le premier qui, dans les commentaires, m’expose l’impossibilité de pareille probabilité, est prié de se reporter à la définition du verbe « imaginer » de son dictionnaire et aux raison de son absence bien triste d’imaginaire) ? D’abord entre les deux tours… Après avoir découvert avec stupeur sa trombine au journal de 20h00, tenterait-il de se saborder lors du grand débat télévisé ? Ou, toujours hagard, pensant que le second tour ne verrait pas sa victoire, continuerait-il pour la gloriole à remplir consciencieusement son rôle ?

Vers 18h00 le jour du second tour, notre candidat qui ne l’était pas, connaîtrait (car lui, il aurait le droit) les résultats… Malgré tous les sondages, les statistiques les plus sages, le voilà nouvellement propulsé à la fonction qui ne l’a jamais fait rêver. Incrédule, il attendrait en tremblotant l’heure officielle pour s’assurer qu’aucune erreur n’a été commise pour son malheur… Et ensuite quoi ? Fuirait-il en Uruguay ? Simulerait-il son décès ? Ou convoquerait-il la presse pour déclarer « Nan, mais les mecs, arrêtez, je déconnais » ? Aurait-il la possibilité de tout faire annuler ou serait-il totalement coincé, obligé d’assumer ?

Sérieusement, en se présentant, y ont-ils pensé un court instant ? Eux, je ne sais pas, mais moi je pourrais vous faire tout un roman sur l’homme qui ne voulait pas être président…