Le bonheur des uns

Si l’on connaît le vieil adage selon lequel le malheur des uns fait le bonheur des autres, La Vilaine s’interroge depuis quelques jours sur la réciproque.

Le bonheur serait une patate ?

Confrontée aux étranges comportements de mes congénères face à une bonne nouvelle, mon cervelet tourbillonne et il y avait longtemps qu’il ne s’était pas donné un tel tournis. Non pas que cela soit la première fois que je goûte aux réactions paradoxales de l’être humain, loin s’en faut, mais le manque d’engouement pour l’empathie joyeuse me laisse perplexe et démunie, faute de compréhension… Oui, oui, comme je vous le confie, j’ai beau me torturer de l’intérieur, je suis incapable de comprendre ce sentiment de jalousie qui à mon sens n’a aucun fondement.

Qu’il est petit et rabougri l’être incapable de se réjouir du bonheur d’autrui ! Sait-il que la joie de son voisin n’est en aucun cas prélevée sur une réserve universelle de bonheur et que par conséquent il ne lui vole rien ?

Et pourtant il a peur le jaloux, comme si chaque petit bonheur de l’autre était prélevé sur l’épargne commune mettant ainsi en péril sa future félicité. Une grande caisse enregistreuse à disposition de toute l’humanité, un grand sac à patates où un cuisinier aurait calculé cinq pommes de terre par personne et pour toute la terre, ça suffit bien, cinq rates chacun, pour peu qu’ils sachent en profiter et les savourer ! Seulement, les patates, elles tombent du sac et trouvent des assiettes au pif au mètre, alors pour les comptes, on repassera… Et puis à votre droite la voisine, qui s’en est déjà boulotté plus que sa part, s’en voit servir une sixième forcément retranchée du pot commun… Cris ! Hurlements et scandale bien justifiés.

Oui mais voilà, le bonheur ne tombe pas d’un sac à patates, il n’est pas limité par un cuisinier tout puissant de derrière les nuages et si un heureux événement tombe dans l’assiette de votre voisin ça ne vous prive de rien.

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