Depuis quelques semaines, j’accorde à mon cerveau bouilli par mille expériences enivrantes, un repos que je juge mérité d’une demi-heure quotidienne. Un petit temps, où blottie sous la couette à l’heure où les poules sont couchées et la nuit donc déjà bien tombée, j’expérimente la série télé dans une chaleur confortable en ces temps glacés.
Et soudain, alors même que je pensais ne pas penser (un comble), une nouvelle révélation m’est apparue, me propulsant hors de mon duvet tel un toast brûlant hors du grille pain. Si les filles sont chiantes, c’est à cause des séries télés qui leur sont plus ou moins destinées.
Que l’on se penche sur Sex and the City ou Grey’s anatomy, toutes ces héroïnes des temps modernes sont d’une pénibilité singulière, éternelles insatisfaites se posant des questions aux réponses élémentaires avec un sérieux caverneux, convoquant des copines à foison pour des brainstorming à faire pâlir les plus prestigieuses agences de publicité afin de décortiquer chaque phrase prononcée par leur moitié, et valider ou non la pérennité de leur nouvelle relation.
Comme si les contes de fées n’avaient guère suffi à nous rendre neuneu du sentiment, à nous transformer en l’Indiana Jones de la quête amoureuse, il convient d’entretenir ce penchant à l’âge adulte et ce, hebdomadairement voire même quotidiennement.
L’inconscient ainsi bien nourri à coup d’emmerdeuses chroniques si télégéniques, la jeune femme à l’esprit le moins critique, terminera immanquablement par se munir d’une loupe sceptique pour examiner chirurgicalement les défauts de son amant et réclamer à cor et à cri du changement !
