Présent !

Merci !

Tu as répondu présent, lecteur assidu, tu étais là, dans cette petite bibliothèque où l’on est rapidement à l’étroit dès que l’on est plus de trois.

Tu es venu à vingt, un chiffre qui rime avec ce que j’aime bien partager pour dire mon amitié.

Je pensais que tu m’aurais empruntée dans cette bibliothèque, alors je n’avais pas prévu de venir avec un gros stock de moi. Je pensais qu’au mieux, tu aurais déjà ton exemplaire sous le bras mais ce n’était pas le cas. Tu m’as dévalisée, tu m’as émue et dévalisée avec ton attention toute attentionnée, tes questions toutes préparées de frais (aussi frais que les chouquettes délicatement posées sur la table autour de laquelle nous avons conversé), tes regards tantôt émotionnés, tantôt amusés.

Ah tu peux te vanter, lecteur, de m’avoir prise par surprise en une seule et unique prise !

Tu étais jeune, tu étais vieux, tu as voulu les fleurs et Marie-Agnès Dupin, tu as voulu savoir laquelle j’étais, tu as vite compris que j’étais toutes et aucune à la fois, rien et personne tout comme toi, moi qui ne suis rien sans toi, sans tes yeux pour me lire, sans tes mots pour me partager, sans tes doigts pour m’agrémenter de ton avis en mode public et « virtualisé ».

et merci !

Alors laisse-moi te remercier, lecteur qui répondu présent à vingt comme si tu étais cent, laisse-moi te dire qu’ensuite j’ai dansé toute la journée seule dans mon appartement, parce que je crois que je ne m’y ferais jamais, je ne me lasserais jamais de te raconter ce que j’ai dans le coeur, dans la tête, que je ne serais jamais blasée de jacasser avec toi, jamais fatiguée de t’écouter ME raconter par ton prisme à toi.

Je te dirais bien trois mots mais je crois que c’est un peu tôt (attendons le quatrième rendez-vous, ce sera moins fou-fou) et puis, tu le sais (ou pas, d’ailleurs), j’ai ma pudeur même si elle est souvent bien planquée derrière mon air rieur.

Alors je te dis juste :

Merci…

Rendez-vous…

Parce qu’il ne faut cesser de raviver ce qui doit l’être, parce qu’il ne faut cesser d’y croire, parce que chacun de tes commentaires sur Les Fleurs Roses du Papier Peint me renverse le coeur et me donne l’élan nécessaire, je te donne rendez-vous.

Le 28 avril, je t’attends pour te présenter mon livre (parce que oui, lecteur, tu es encore quelques uns à ne pas m’avoir lue) dans la charmante bibliothèque associative de Ballaison (74).

Et, si tu m’as feuilletée, lue avec soin ou qui sait ? dévorée, au-delà de t’en féliciter, nous pourrons aussi échanger sur l’histoire, sur comment cela m’est venu, je te livrerais peut-être quelques secrets bien gardés, et tu auras ta gratouille (sur le papier, pas dans le dos, on ne se connaît pas assez) et il se pourrait même qu’on pousse le vice jusqu’à rigoler (un peu… faut pas non plus trop déconner).

Mieux qu’un rendez-vous tinder…

 

Alors viens, lecteur du coin, viens me retrouver (il y aura en plus de quoi te sustenter l’estomac en plus de ton cortex qui le sera déjà, un bon petit déjeuner, un café, des croissants…) samedi 28 au matin.

Livre sacré

Marquons

Elle est venue boire un café, discuter de mon intervention dans sa bibliothèque autour d’une boisson chaude et de chocolats…

Elle a foncé droit vers le meuble où était la correspondance de Camus et Casarès, dédaignant la tasse posée sur la table à manger. Elle m’a dit « Alors, c’est donc ça ? » et a entrepris de le feuilleter, lunettes sur le bout de son nez, l’air inspiré.

La seconde d’après, elle s’est tournée vers moi, livre (pavé) à la main et a plongé son regard dans le mien. Un regard mi-courroucé, mi-amusé. Elle a lâché le bouquin sur la table, juste à côté de sa tasse de café fumante, sans me lâcher de ses grands yeux bleu clair.

Elle a dit : « Tu cornes les pages ?! »…

J’ai souri.

« Oui, je corne les pages… »

Elle a tenté un sourcil froncé. J’ai interrompu la flexion et sa réflexion pour en ajouter : « Et tu as vu, j’annote… Je souligne, j’annote, je surligne, j’émarge et oui, je corne ».

Comme une institutrice qui cherche à sermonner gentiment sa jeune élève, elle s’est approchée de moi pour m’expliquer que non, décidément, on ne pouvait pas faire ça, qu’il fallait traiter les livres respectueusement.

Je lui ai répondu que j’aimais y replonger pour retrouver un passage, une phrase, un mot… Que parfois, que souvent, je m’en souvenais en substance mais qu’en les marquant directement dedans, je pouvais reprendre en un clin d’oeil une citation, un bouleversement dans lequel à nouveau m’envelopper pour un instant. Je lui ai raconté le plaisir de découvrir dans des livres ayant appartenus à ma grand-mère, ses annotations, de lire à travers les pages ce qui l’avait marquée et qu’elle avait, conséquemment, marqué directement dedans, combien on apprenait ainsi de bien jolies choses sur les gens.

Elle m’a dit qu’elle avait acheté un petit carnet pour épargner les pages des livres et recopier ce qui l’avait touchée dedans, elle m’a dit que je pourrais en faire autant.

Elle a bu son café et m’a à nouveau regardée en feuilletant le livre distraitement. Elle s’est arrêtée sur une page, sur mon passage. Elle a vu ce que j’avais vu, lu ce que j’avais aimé. Elle a eu un sourire d’une infinie douceur en le découvrant, en me découvrant…

Et puis elle baissé la tête et m’a avoué, à regrets, n’avoir finalement jamais pris le temps de noter quoi que ce soit dans son petit carnet prévu pour ça.

300

Barre des 300

Un petit billet en forme de « Merci », lecteur soldat, lecteur qui se bat pour moi, lecteur inconnu, lecteur ami, lecteur instit’, lecteur bibliothécoeur, lecteur passionné et motivé.

On n’a pas doublé, on a triplé, on a passé la barre des trois cents exemplaires. Alors bien sûr, on n’a pas sauté comme ça en un seul élan, on n’a pas attaqué la barre en un seul bond (ma taille ne le permettait de toute façon pas et la grenouille n’est que dans mon estomac), on a pris notre temps toi et moi, on a accumulé les flocons en douceur et, si j’en crois tout ce que je sais de toi, on continue à les poser les uns contre les autres pour former une boule de neige bien ronde, bien compacte.

Je n’ai à te dire que des riens sur ce billet-ci, que des riens et des mercis, je vais donc faire court (ça nous changera) et te remercier pour tout le coeur que tu y mets, où que tu sois.

Où que tu sois, je te serre dans mes bras pour que tu sentes mon coeur qui bat un peu plus fort grâce à toi, pour que tu saches que chaque jour je pense à toi, à ce bout de moi cartonné calé sous ton oreiller, à tes yeux qui parcourent mes mots accumulés, mes paragraphes, mes pages, mes chapitres, mon roman, ce roman et cette toute petite Mildred que tu rends plus grands.

De mon coté, je te promets de mettre encore tout en oeuvre pour continuer à venir te rencontrer par ici ou par là.

 

L’année de l’envol

Dans TES mains

J’ai mis un peu de temps pour te les adresser mes voeux, lecteur superstitieux et rêveur… J’ai mis du temps mais, à ce que l’on dit, nous avons tout le mois de janvier pour ce faire, tu ne pourras donc pas me taxer d’être totalement tête en l’air.

J’avais besoin de sonder ce que cette nouvelle année pouvait nous apporter, j’avais besoin de farfouiller au fond de mon coeur pour y dénicher l’intention à lui donner. Tu le sais, les voeux normaux à base de bonne année, bonne santé, ne sont pas ma tasse de thé et ne l’ont jamais été. Tu le sais aussi, depuis l’an passé, je sais les accepter et j’en viens même à les aimer. L’an passé, l’année UN, l’année de l’audace, l’année du OUI, l’année de la VIE, a finalement mis une sacrée pression sur celle qui s’ouvre aujourd’hui.

J’ai reçu des messages inspirants depuis ce premier janvier, comme si, tous mes proches amis (mais aussi des contacts plus éloignés) savaient mieux que moi ce qu’il fallait me souhaiter, ce que cette année DEUX devait m’apporter.

« Année conquérante », « Année remplie de jolis mots, de tendresse et de respect », « Année étoilée », « Année de l’envol ».

Voilà, on y est, ai-je pensé, le lien entre 2017 et 2018 est fait. Si la première a sonné le déploiement de mes ailes (grâce à toi, lecteur soldat), si le souffle que chacun y a déposé (et je n’aurais pas assez de ce billet pour citer tous ceux qui, croisant mon chemin cette année même quelques instants, l’ont fait consciemment ou non) a permis de les étirer, de les renforcer, de les muscler, la seconde ne peut être que celle de l’envolée.

Il est temps de se jeter joyeusement dans le vide, sans peur ni vertige.

Alors, doux lecteur, je te souhaite de même pour cette année… Je te souhaite de prendre conscience que tu es, que tu existes, que si tu n’es que promesses, n’attends personne pour les tenir (« Je n’existe pas, j’attends d’exister, je ne suis que promesses » Maria Casarès à Albert Camus*)…

Je te souhaite de découvrir que tu es le seul maître de ton bonheur, que personne ne détient le pouvoir de te rendre heureux si ce n’est TOI, que tu es le seul responsable de ta vie, qu’il n’y a que toi qui peut t’empêcher d’être pleinement toi et ce, même si certaines rencontres peuvent y contribuer (« Cela signifie que j’ai retrouvé avec toi une source de vie que j’avais perdue. On peut avoir besoin d’un être pour être soi-même. C’est ce qui arrive en général. Moi, j’ai besoin de toi pour être plus que moi-même » Albert Camus à Maria Casarès*).

Je te souhaite donc d’être toi, envers et contre tes peurs, de suivre avant tout ce que dicte ton coeur, de prendre le temps de l’écouter et puis, avant la fin de l’année, de t’envoler…

 

*Extraits de Correspondance 1944-1959 / Marias Casarès Albert Camus – Éditions Gallimard

 

 

 

Radio kills the video stars

On the air

Je ne t’ai pas raconté, lecteur, la journée enthousiasmante avec mes petits lecteurs par effraction et, prenant conscience de mon erreur (enfin, de mon manquement, de mon oubli, de mon manque de temps) je m’en vais de mes doigts taper sur mon clavier pour te la conter (pour les voeux de début d’année, on attendra un prochain billet).

Cette fin d’année a décidément été marquée par de bien jolis moments sur mon chemin et celui-ci en fut un.

Pour tout un tas de raisons, je n’avais pas fermé l’oeil de la nuit et, en croisant ma mine parfaitement défaite au petit matin, j’ai remercié à haute voix l’option « radio » avant de réaliser que les mouflets, eux, ne manqueraient rien de ma cerne et de ma trombine en berne. Soit, ai-je alors tenté de m’auto-persuader, ça ira dans le sens de la légende de l’écrivain torturé, il me suffira de prendre un air calme, sombre et distancié (ce que, si tu me connais un peu, doit bien te faire marrer) tout en croisant tous les doigts que j’ai (vingt en tout, pas un en moins, pas un en trop) pour que personne, je dis bien personne, ne prenne de photo.

Bref, passons mes élucubrations matineuses (passons aussi le fait que mon cerveau ayant un jukebox intégré, j’ai eu « Video kills the radio stars » dans la tête en boucle pendant 24 TRÈS LONGUES heures – ne clique pas malheureux ! ne clique pas !- ) et venons-en directement à mon arrivée dans cette école suisse où, dès l’entrée, tu sais que tu n’es pas en France ( parfois, je suis lente à la détente) et qui te donne une furieuse envie de revenir vers ta propre adolescence pour profiter de ces lieux et de la façon dont l’enseignement semble y être dispensé.

Je n’étais que nervosité à l’idée de passer la porte d’une classe remplie de pré-adolescents qui, selon leur ravissante institutrice, m’attendaient un peu (je cite) comme une rock star (tu le sens mon malaise ?) et étaient tout flippés-de-leur-race (oui, à journée avec du jeune, langage de jeune), « l’affrontement » n’était pas équilibré, douze contre une et comme je n’adore pas être la reine de la fête…

Après un temps d’observation en immersion (diable ! que cette enseignante enseigne avec passion !), de succinctes présentations (12 prénoms d’affilée à ne pas oublier ou mélanger), l’enseignante a eu cette phrase glaçante à l’intention de ses élèves : « Pour se mettre à l’aise, je vous propose de poser quelques questions à Audrey, ce qui vous passe par la tête »… Ok… Déglutition… Pour mettre à l’aise qui ?

Tu imagines, lecteur, 12 têtes alignées le long d’une grande tablée avec toi en bout de ladite table, 12 paires d’yeux qui te scrutent, observent chacun de tes petits gestes, se la grattent (la tête), réfléchissent puis lèvent le doigt la question sur la langue, la joue soudain rosie ? À l’aise…

Et puis, si… Des questions choux (sauf celle qui a entraîné des devinettes sur mon âge, hein), des gamins bourrés d’imagination et de motivation. Ensuite, tout s’est enchaîné, je leur ai lu le nouvel extrait à étudier des « Fleurs roses du papier peint » (pièce puzzle de leur enquête), j’ai vu leurs bouilles déconfites-interloquées-incrédules face à la révélation du « problème Mildred », j’ai écouté leurs théories souvent pleines de bon sens sur pourquoi, comment le livre a-t-il pu être à ce point rejeté… J’ai adoré ! Je serais restée toute une semaine avec eux (je compte d’ailleurs bien revenir les voir une fois qu’ils auront lu tout le livre).

Et puis nous avons fait un filage pour préparer l’émission de radio, j’ai été époustouflée de découvrir leur professionnalisme (certes dirigé et bien préparé par leur institutrice mais tout de même), touchée par une enfant qui, prise par le trac, a soudain sangloté, j’ai été enchantée par la chaleureuse équipe de radio, l’accueil plus qu’agréable de l’équipe enseignante (Direction incluse) je n’en avais plus rien à faire que qui que ce soit prenne une photo, j’étais bien.

Et l’enregistrement dans les conditions du direct m’a encore plus épatée, toutes les petites imperfections du filage se sont envolées, mes petits lecteurs ont été portés par leur propre plaisir, ils ont (comme on dit quand on est jeune, frais et spontané) assuré-leur-race (encore bravo !) !

Alors, si tu veux écouter cette belle émission, entièrement réalisée par les enfants (jingle à la Robins des Bois ou à la Poulpe – selon tes (p)références- inclus), il te suffit de cliquer ici puis de (re)cliquer sur le dessin du poste de radio, je te préviens, ce sont de vrais pro !

La délicatesse

Se poser sur le sol

As-tu déjà, lecteur, fait des rêves au shaker ? Tu sais, ces rêves où tout est mélangé, où des personnes qui n’ont aucune raison d’être à cet endroit-là avec ces personnes-ci, à ce moment précis, sont réunies ? Ces rêves improbables mais parfaits.

C’est un peu le résumé de mon dîner de mardi. Des proches de lieux géographiquement éloignés assis à la même table, échangeant, riant, mangeant, buvant.

Moi, assise à la table d’auteurs admirables.

Et la délicatesse.

La délicatesse de mon compagnon de voyage, ma Vérité, studieux dans le TGV pour m’aider à dénicher l’extrait par lequel susciter le désir de l’auditoire.

La délicatesse de mon hôtesse, un quatre étoiles de tendresse à deux pas de la Place Clichy.

La délicatesse de mes amis restés ici, tapotant sur leur écran de téléphone pour m’envoyer des encouragements comme d’autres envoient des fleurs.

La délicatesse de Sorj Chalandon, attentif, présent, multipliant les attentions pour que je me sente à ma place, bienvenue, légitime à ses côtés.

La délicatesse de Frédéric Fredj, présentant mon livre et moi-même à l’assemblée avec tous les égards.

La délicatesse de Michèle Gazier, douce, souriante, s’offrant « Les fleurs roses du papier peint » et me demandant une dédicace.

La délicatesse d’une amie retrouvée chargée d’un cadeau sur fond de colibri, celle d’Annie, discrète et touchante.

Comme après un rêve au shaker, je peine à faire le tri de tout le bonheur reçu à Paris. Je peine à te raconter, lecteur, alors même que je sais tout de ta curiosité sur le sujet, il y a tant à dire et tant de précieux que je veux conserver juste pour moi. Ne m’en veux pas, ça viendra, par bribes ou par pavés jetés ici et là au fil du temps dès qu’il cessera d’être suspendu.

J’ai le coeur empli pour une vie.