Nuit de la lecture 2018, j’en suis !

Traitement de choc

Voilà encore une bien jolie invitation, lecteur spectateur, une invitation à participer à la Nuit de la Lecture à la Médiathèque de Veigy. Alors, bien sûr, j’ai dit : « Oui » (tu vas voir, cette année encore sera une année du « Oui »‘, du « Non » aussi, maintenant que j’ai appris à le prononcer, mais du « Oui » pour des tas de projets).

Ça m’a un peu bouleversée du planning, ayant déjà pour cette soirée quelques obligations (voeux du Maire, présence requise quand on est Conseillère) mais je me suis dépatouillée pour tout mettre dans la même soirée, une apparition ici, un petit coup de main là et, telle la lune ce prochain 31 janvier ou telle Bonnie Tyler pour mes Juke Boxes Cérébraux lecteurs (je t’expliquerai, promis, c’est une sorte de petit défi entre amies), tout discrètement je m’éclipserai pour te retrouver, lecteur attentif, en prenant, certes, un peu en cours le déroulé de la soirée mais j’y serai.

Ça m’a aussi un peu chamboulée de la santé, étant fiévreuse et rejouant la Dame aux Camélias (ou interprétant le nénuphar de Chloé, Vian, si tu m’entends), tu n’as pas idée de tout ce que j’ai avalé, reniflé, respiré, ingurgité, appliqué, combien je me suis reposée, couchée, allongée, pour être certaine de ne pas te manquer.

Alors, voilà, je serai là ce soir à 21h précises.

Je serai là, mes petits livres sous le bras et je te lirai (j’espère sans tousser), quelque pages des « Fleurs roses du papier peint ». On discutera, on échangera, on rigolera (tu verras, si tu ne me connais pas, je garde rarement mon sérieux plus de dix minutes d’affilée, c’est comme ça, je ne peux pas m’en empêcher), on ne se bisera peut-être pas, rapport aux microbes et aux crobes entiers…

Tu pourras aussi, si tu le souhaites et que les quelques pages lues t’ont plu, repartir avec un exemplaire affublé d’une petite bafouille amicale.

Je me réjouis de te retrouver (même si tu es deux ou trois, hein, tout me va).

À ce soir !

C’est le printemps !

on s’étire, on se réveille !

On a beau répéter que la nature est bien faite, quand je regarde mes poules qui se déplument en plein hiver, j’estime avoir le droit légitime d’en douter… L’instant d’après je pense que, comme moi, elles attendent le printemps en caquetant d’impatience (je t’épargne bon nombre d’autres réflexions qui parviennent toujours à se glisser entre le moment sus-évoqué et l’instant d’après, comme ma sincère interrogation sur la raison de leurs cris d’orfraie quand elles pondent : la surprise peut-être ?).

Alors ce matin, en leur donnant du grain et quelques restes (sans quoi elles me picorent le chignon en signe de protestation et j’aimerais éviter un soulèvement voire une révolution), je leur ai annoncé la bonne nouvelle : accrochez-vous aux trois, quatre plumes qu’il vous reste, c’est le printemps !

Oui, je sais, je te vois lecteur sondeur, en lisant le titre et les premières lignes de cet article tu te dis quelque chose de l’ordre du « ça y est, elle a (re) pété un plomb, elle relit du Vian, c’est pas possible autrement » (le tout ponctué de « hein », « nan » et autres petits bruissements pour appuyer ton jugement de Pyrrhonien et pour t’attirer l’approbation d’un ou deux copains), ton côté plus indulgent y voit seulement l’expression de mon empressement à revoir le soleil, le climat tempéré, la fin du brouillard, l’abandon de la bouillotte, la remise au placard des collants qui font débat et des bas qui sont collants…

Je te concède au moins le second point, le printemps, je l’attends de mon pied le plus ferme, j’ai commencé à l’attendre à la seconde même où l’automne a disparu, lui et son lot d’encore-un-peu-de-douceur, d’encore-un-peu-de-lumière, d’encore-un-peu-de-couleurs. Mais tu te fourvoies le doigt dans l’oeil pour le premier point, je suis encore tout à fait saine d’esprit et oui, c’est bien le printemps, pas ici, pas chez nous, pas sur notre calendrier des saisons à nous mais en médecine chinoise, n’en déplaise à la neige que ma grenouille stomacale annonce depuis ce matin avec un air tout à fait certain (je t’en parlerai plus tard de ce batracien) et cette affirmation est parfaitement argumentée : les jours rallongent, le cycle redémarre donc, c’est le printemps. Raisonnement implacable, convenons-en.

(Si tu es dépressif saisonnier, c’est à ce moment précis que tu me remercies pour cette bonne nouvelle et où tu te mets à adorer la médecine chinoise, si toutefois ce n’était pas encore fait).

Et il n’y a pas que les jours qui rallongent, mon énergie aussi. Ça bouillonne à nouveau depuis mes pieds jusqu’à mon cerveau, ça danse dès potron-minet, ça salue le soleil même pas levé, ça démarre mille projets, mille envies, des notes posées partout et tout le temps, des titres, des intrigues, de l’aménagement sans ménagement, de la joie de vivre et un début de roman, le tout sans question, sans doute et sans oh-bordel-trier-tout-ça-va-prendre-un-de-ces-temps et sans ménage de printemps.

Alors, oui, j’écris vite et beaucoup et notamment ici, mais si soudain je disparais à nouveau de tes écrans de surveillance, lecteur ultra-connecté et réseau-socialisé, ne te bile pas, c’est que j’écris ailleurs et c’est aussi pour toi…

 

 

 

L’année de l’envol

Dans TES mains

J’ai mis un peu de temps pour te les adresser mes voeux, lecteur superstitieux et rêveur… J’ai mis du temps mais, à ce que l’on dit, nous avons tout le mois de janvier pour ce faire, tu ne pourras donc pas me taxer d’être totalement tête en l’air.

J’avais besoin de sonder ce que cette nouvelle année pouvait nous apporter, j’avais besoin de farfouiller au fond de mon coeur pour y dénicher l’intention à lui donner. Tu le sais, les voeux normaux à base de bonne année, bonne santé, ne sont pas ma tasse de thé et ne l’ont jamais été. Tu le sais aussi, depuis l’an passé, je sais les accepter et j’en viens même à les aimer. L’an passé, l’année UN, l’année de l’audace, l’année du OUI, l’année de la VIE, a finalement mis une sacrée pression sur celle qui s’ouvre aujourd’hui.

J’ai reçu des messages inspirants depuis ce premier janvier, comme si, tous mes proches amis (mais aussi des contacts plus éloignés) savaient mieux que moi ce qu’il fallait me souhaiter, ce que cette année DEUX devait m’apporter.

« Année conquérante », « Année remplie de jolis mots, de tendresse et de respect », « Année étoilée », « Année de l’envol ».

Voilà, on y est, ai-je pensé, le lien entre 2017 et 2018 est fait. Si la première a sonné le déploiement de mes ailes (grâce à toi, lecteur soldat), si le souffle que chacun y a déposé (et je n’aurais pas assez de ce billet pour citer tous ceux qui, croisant mon chemin cette année même quelques instants, l’ont fait consciemment ou non) a permis de les étirer, de les renforcer, de les muscler, la seconde ne peut être que celle de l’envolée.

Il est temps de se jeter joyeusement dans le vide, sans peur ni vertige.

Alors, doux lecteur, je te souhaite de même pour cette année… Je te souhaite de prendre conscience que tu es, que tu existes, que si tu n’es que promesses, n’attends personne pour les tenir (« Je n’existe pas, j’attends d’exister, je ne suis que promesses » Maria Casarès à Albert Camus*)…

Je te souhaite de découvrir que tu es le seul maître de ton bonheur, que personne ne détient le pouvoir de te rendre heureux si ce n’est TOI, que tu es le seul responsable de ta vie, qu’il n’y a que toi qui peut t’empêcher d’être pleinement toi et ce, même si certaines rencontres peuvent y contribuer (« Cela signifie que j’ai retrouvé avec toi une source de vie que j’avais perdue. On peut avoir besoin d’un être pour être soi-même. C’est ce qui arrive en général. Moi, j’ai besoin de toi pour être plus que moi-même » Albert Camus à Maria Casarès*).

Je te souhaite donc d’être toi, envers et contre tes peurs, de suivre avant tout ce que dicte ton coeur, de prendre le temps de l’écouter et puis, avant la fin de l’année, de t’envoler…

 

*Extraits de Correspondance 1944-1959 / Marias Casarès Albert Camus – Éditions Gallimard

 

 

 

Douze cinquante

Hasardeux client

C’est vendredi soir, il est 19h25 précises. La buraliste lorgne sur sa pendule et, dans le même temps, sur la file d’attente qui s’allonge…

Elle ferme dans cinq minutes, les clients ont ce don agaçant de s’y prendre à la dernière minute pour refaire le plein de clopes ou jouer leur va-tout au Kéno® parce que, démarrer l’année avec le compte renfloué, ça les fait rêver même s’ils tentent leur chance en vain depuis des années, même si, à force, les grands gagnants du loto et autres gros lots s’apparentent plus à de la légende urbaine qu’à une vraie possible aubaine.

Elle prend sur elle pour ne rien laisser paraître de son impatience, enchaîne les scanners sur les grilles remplies de beaucoup d’espoir et d’un peu d’encre, sourit juste ce qu’il faut, donne du bonsoir et de la bonne année aux habitués.

Et puis voilà Raymond, il tend son précieux billet sans marmonner la moindre politesse, la sueur qui perle sur le front, il farfouille dans son baisenville parce que oui, Raymond a un baisenville et, sans doute que l’été, il le troque pour une banane estampillée du logo d’une boisson anisée.

La buraliste lui donne le tarif : douze euros cinquante.

Raymond stoppe tout net sa recherche de monnaie, douze euros cinquante ? C’est bien trop… Il doit y avoir une erreur, ou bien est-ce que le prix a augmenté par numéro coché ? La commerçante inspire, regarde à nouveau la pendule puis Raymond qui s’imagine déjà qu’elle tente de le faire marron, qui rougit et perle du front de plus belle.

Pas d’erreur, il semblerait que ce soit la pliure, là, sur le papier qui trompe la machine, ça fait comme une case cochée de plus, indique la commerçante avec un calme mêlé de fermeté, juste ce qu’il faut de fermeté…

Elle précise (des fois que Raymond y ait songé) que le passer de nouveau dans le lecteur ne changera rien à son malheur, il faut recommencer, remplir une nouvelle grille, et tout en précisant le tout avec juste ce qu’il faut d’articulation, elle lance son regard vers le client suivant, persuadée que Raymond va s’écarter pour le laisser passer, le temps de griffonner à nouveau ses numéros.

Mais Raymond ne bouge pas, Raymond n’a pas que ça à faire, alors il va prendre des flash, des grilles automatiques (même si Raymond n’aime pas laisser le hasard se charger du hasard). La buraliste s’exécute et pour que le tout rentre dans le budget contenu dans le baisenville, indique à chaque grille scannée, le montant cumulé.

Quatre euros cinquante, remettez-m’en…

Sept euros, rajoutez-en…

Neuf euros, un dernier et on est bon.

Douze euros cinquante…

Raymond est content… douze cinquante, c’est finalement un excellent montant.

Radio kills the video stars

On the air

Je ne t’ai pas raconté, lecteur, la journée enthousiasmante avec mes petits lecteurs par effraction et, prenant conscience de mon erreur (enfin, de mon manquement, de mon oubli, de mon manque de temps) je m’en vais de mes doigts taper sur mon clavier pour te la conter (pour les voeux de début d’année, on attendra un prochain billet).

Cette fin d’année a décidément été marquée par de bien jolis moments sur mon chemin et celui-ci en fut un.

Pour tout un tas de raisons, je n’avais pas fermé l’oeil de la nuit et, en croisant ma mine parfaitement défaite au petit matin, j’ai remercié à haute voix l’option « radio » avant de réaliser que les mouflets, eux, ne manqueraient rien de ma cerne et de ma trombine en berne. Soit, ai-je alors tenté de m’auto-persuader, ça ira dans le sens de la légende de l’écrivain torturé, il me suffira de prendre un air calme, sombre et distancié (ce que, si tu me connais un peu, doit bien te faire marrer) tout en croisant tous les doigts que j’ai (vingt en tout, pas un en moins, pas un en trop) pour que personne, je dis bien personne, ne prenne de photo.

Bref, passons mes élucubrations matineuses (passons aussi le fait que mon cerveau ayant un jukebox intégré, j’ai eu « Video kills the radio stars » dans la tête en boucle pendant 24 TRÈS LONGUES heures – ne clique pas malheureux ! ne clique pas !- ) et venons-en directement à mon arrivée dans cette école suisse où, dès l’entrée, tu sais que tu n’es pas en France ( parfois, je suis lente à la détente) et qui te donne une furieuse envie de revenir vers ta propre adolescence pour profiter de ces lieux et de la façon dont l’enseignement semble y être dispensé.

Je n’étais que nervosité à l’idée de passer la porte d’une classe remplie de pré-adolescents qui, selon leur ravissante institutrice, m’attendaient un peu (je cite) comme une rock star (tu le sens mon malaise ?) et étaient tout flippés-de-leur-race (oui, à journée avec du jeune, langage de jeune), « l’affrontement » n’était pas équilibré, douze contre une et comme je n’adore pas être la reine de la fête…

Après un temps d’observation en immersion (diable ! que cette enseignante enseigne avec passion !), de succinctes présentations (12 prénoms d’affilée à ne pas oublier ou mélanger), l’enseignante a eu cette phrase glaçante à l’intention de ses élèves : « Pour se mettre à l’aise, je vous propose de poser quelques questions à Audrey, ce qui vous passe par la tête »… Ok… Déglutition… Pour mettre à l’aise qui ?

Tu imagines, lecteur, 12 têtes alignées le long d’une grande tablée avec toi en bout de ladite table, 12 paires d’yeux qui te scrutent, observent chacun de tes petits gestes, se la grattent (la tête), réfléchissent puis lèvent le doigt la question sur la langue, la joue soudain rosie ? À l’aise…

Et puis, si… Des questions choux (sauf celle qui a entraîné des devinettes sur mon âge, hein), des gamins bourrés d’imagination et de motivation. Ensuite, tout s’est enchaîné, je leur ai lu le nouvel extrait à étudier des « Fleurs roses du papier peint » (pièce puzzle de leur enquête), j’ai vu leurs bouilles déconfites-interloquées-incrédules face à la révélation du « problème Mildred », j’ai écouté leurs théories souvent pleines de bon sens sur pourquoi, comment le livre a-t-il pu être à ce point rejeté… J’ai adoré ! Je serais restée toute une semaine avec eux (je compte d’ailleurs bien revenir les voir une fois qu’ils auront lu tout le livre).

Et puis nous avons fait un filage pour préparer l’émission de radio, j’ai été époustouflée de découvrir leur professionnalisme (certes dirigé et bien préparé par leur institutrice mais tout de même), touchée par une enfant qui, prise par le trac, a soudain sangloté, j’ai été enchantée par la chaleureuse équipe de radio, l’accueil plus qu’agréable de l’équipe enseignante (Direction incluse) je n’en avais plus rien à faire que qui que ce soit prenne une photo, j’étais bien.

Et l’enregistrement dans les conditions du direct m’a encore plus épatée, toutes les petites imperfections du filage se sont envolées, mes petits lecteurs ont été portés par leur propre plaisir, ils ont (comme on dit quand on est jeune, frais et spontané) assuré-leur-race (encore bravo !) !

Alors, si tu veux écouter cette belle émission, entièrement réalisée par les enfants (jingle à la Robins des Bois ou à la Poulpe – selon tes (p)références- inclus), il te suffit de cliquer ici puis de (re)cliquer sur le dessin du poste de radio, je te préviens, ce sont de vrais pro !

Un brillant soleil

😉

J’ai décidé que la fin d’année serait belle, que le dernier jour serait lumineux. Je l’ai décidé comme ça, tout à trac, en ouvrant les yeux ce matin. J’ai décidé que ce dernier jour serait heureux, envers et contre le spleen, envers et contre le quotidien, j’ai décidé que rien ne viendrait l’assombrir.

J’ai décidé de ne garder que le meilleur, de ne regarder que ce qui m’a réchauffé le coeur tout au long de l’année, quelle qu’en fut la durée, chaque seconde de bonheur ayant une immense valeur.

Je me suis levée bien avant le jour, je suis allée droit vers ce qui me fait du bien, décidée à m’en envelopper pour chasser la Russie de mes montagnes, le froid Sibérien, pour achever le tracé de mon chemin, la main levée, le coeur ouvert.

J’ai dansé, seule, à six heures du matin avec une pensée amusée pour mes voisins qui, si toutefois ils étaient réveillés et apercevaient mon manège, me classeraient définitivement comme la folle au caddie, l’écrivain pas toute bien dans sa tête, l’originale aux étranges pirouettes.

Et puis le soleil s’est levé, droit, fort et doux, un clin d’oeil pour renforcer mon idée, un signe pour continuer.

J’ai décidé que la fin d’année serait belle, que le dernier jour serait lumineux. Aujourd’hui, j’irai marcher dans la forêt, j’irai raisonner et y résonner, je cuisinerai et, pour clore cette incroyable année 2017 faite d’ouragans émotionnels, de lunes et de brillants soleils, j’irai m’entourer de ceux qui me font du bien, ceux qui m’ont poussée, soutenue, aimée, ceux qui ont été là tout au long de mon audacieuse année, et même de ceux qui seront loin…

Effraction

Lecture par effraction

Oui, je sais lecteur, je t’ai quelque peu abandonné à ton quotidien, au froid, à la neige et au verglas (j’espère que tu ne t’es rien foulé tandis que moi-même je ne me foulais pas) mais de ce manquement, si tu es d’accord, on en parlera ailleurs et plus tard.

Aujourd’hui je veux te causer de mon roman (« Encore ! » te dis-tu avec cet air renfrogné mais indulgent de l’enfant qui écoute sa grand-mère radoter, bah oui, « encore » mais tu vas voir, c’est intéressant). Les fleurs roses du papier peint font l’objet d’une étude de lecture par effraction dans une classe suisse.

Alors, oui, là, je vois bien, tu te dis : « Mais kessessé kessa la lecture par effraction ? » et tu as raison. Prenons une petite inspiration, déjà, que MON livre soit étudié dans une école, c’est fou, c’est épatant (terme vieilli, j’en conviens), c’est survoltant.

Mais la lecture par effraction, ça me propulse dans les nuages.

J’en ignorais tout jusqu’il y a quelques jours, jusqu’à ce que cette institutrice inspirée et inspirante me contacte pour m’expliquer son projet et obtenir mon accord. Car, dans lecture par effraction, tu es malin, tu as lu, il y a le mot « effraction » et il n’est pas là pour rien, elle souhaitait donc mon aval et je le lui ai offert avec, en sus, ma participation.

Le but est de donner le goût de la lecture aux élèves (tu avoueras que c’est fort à propos vu le sujet de mon roman) en procédant de façon ludique, comme pour la résolution d’une énigme. Pour démarrer, les élèves ignorent tout du livre, ils n’ont même pas accès à la quatrième de couverture, seul le titre leur est donné comme une minuscule pièce du puzzle. De là, ils doivent imaginer, tenter de deviner, enquêter, partager ce que ledit titre leur évoque et, conséquemment, l’histoire que le livre peut renfermer. C’est ce qu’ils viennent d’effectuer, regarde donc la photo d’illustration pour découvrir ce à quoi ils ont pensé, il y en a quelques uns qui ne sont pas bien loin…

Puis, toujours sans avoir accès au livre, des séquences du roman leur sont données, pas forcément dans l’ordre, pas forcément dans une logique de récit. Là encore, à chaque pièce de puzzle étudiée, ils doivent imaginer, chercher, deviner, réfléchir, s’interroger sur ce qu’il s’est passé ou ce qu’il va se passer.

Enfin, pour la dernière étape, l’enseignant leur fournit enfin le bouquin dans son entièreté. Autant te dire, lecteur, que comme expliqué par la radieuse institutrice, c’est pour eux un véritable os à ronger puisqu’ils verront s’ils ont eu raison ou se sont trompés, s’ils sont de bons enquêteurs ou non.

Et c’est là que le projet (déjà fort enthousiasmant) prend une belle envolée pour moi. Ces petits lecteurs de 12 ans, à l’issue de leur découverte, je m’en vais les rencontrer, ils vont m’interroger (un petit FaceTime récent nous a déjà permis de prendre contact et je te prie d’imaginer qu’une classe te saluant à grand renfort de « Bonjour Maaaaadaaaame ! » c’est impressionnant) et nous allons enregistrer une émission de radio ensemble, un podcast, toujours dans le cadre de ce programme visant à ramener les jeunes vers la lecture…

Je n’étais déjà que joie de lire les commentaires postés sur mon roman puisque, parmi eux, quelques uns ont écrit que je leur avais redonné le goût des livres, c’était l’un de mes buts premiers et je le voyais atteint pour certains. Alors autant te dire (ou t’écrire, c’est plus juste) que ce projet scolaire fait sens et que la lecture par effraction est pour moi une découverte délicieuse que j’aimerais voir appliquée partout tant il me semble que cette approche est largement meilleure que celle pratiquée dans nos collèges et lycées… À promouvoir donc !